Des PanAm en Or

Nous repartons de Toronto avec du lourd dans nos bagages et des tonnes de souvenirs. Quelle expérience que de courir à la maison ! Je comprends mieux maintenant pourquoi les équipes qui concourent chez elles comme c’était le cas à Londres en 2012 se sentent pousser des ailes. C’est une sensation unique que d’entrer dans le dernier 500m et d’entendre le grondement de la foule. Cela m’a donné la chair de poule tout au long de ces Jeux Panaméricains.

Cela avait déjà débuté lors de la cérémonie d’ouverture. Nous avons eu l’opportunité de nous rendre à Toronto le 10 Juillet et de défiler au côté de plus de 500 athlètes et entraîneurs de l’équipe canadienne.

Que d’émotions en entrant dans le stade du Rogers Centre en tant que pays hôte. Je n’ai pas boudé mon plaisir en arborant fièrement l’unifolié lors de ce défilé. Le revers de la médaille à toutes ces scènes de liesse est sans aucun doute la fatigue engendrée par l’événement. Attente debout, chaleur, transport,... . Tout cela pour 10 minutes de marche! La plupart d’entre nous courrait le lendemain. Nous n’avons donc pas pu profiter de ce magnifique spectacle produit par la Compagnie du Cirque du Soleil et c’est directement en bout de piste que nous avons quitté le stade pour remonter dans le bus direction : le village Aviron à Sainte Catharines. Je sais maintenant pourquoi nous ne défilons pas lors des Jeux Olympiques avec le début des compétitions le lendemain. Ce fut une chance de pouvoir le faire dans ces conditions aux Jeux Panaméricains où la pression est bien moindre et nous l’avons saisie.


Retour au sport à présent. J’étais aligné sur ces jeux continentaux en quatre de couple et en huit. Nous avons remporté le premier le mardi 14 juillet dernier. Notre sentiment était partagé en franchissant la ligne d’arrivée. Nous n’avons pas complètement réussi à réaliser la course que nous souhaitions. Notre 1er 1000m fut du calibre de ce que nous avons réalisé en Coupe du Monde en juin dernier. Je suis impressionné par l’aisance avec laquelle nous atteignons de telle vitesse. Mais les conditions difficiles de bassin dans la 2ème partie ne nous ont pas permis de creuser l’écart face à un solide bateau cubain emmené par Angel Fournier Rodriguez. Des erreurs techniques dans les vagues n’ont pas aidé au relâchement et nous finissons une grosse longueur devant les Cubains qui devancent les Argentins. Heureux de remporter cette course devant notre public mais pas 100% satisfait de notre prestation. Debrief d’équipage à venir.


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A peine le temps de célébrer et quelques heures plus tard nous étions de retour à l’entraînement avec le huit. Bien que le « ocho » ne soit pas le bateau prioritaire pour l’aviron canadien, l’Histoire et l’héritage de ce bateau sont tels que nous ne pouvions qu’envisager une victoire lors de cette dernière course des jeux. Aucune autre alternative que d’entendre résonner « Ô Canada » pour conclure la compétition. Ajouter au cocktail notre « meilleur ennemi » que sont les USA et tout cela est devenu une affaire de fierté. Notre série avait été solide face aux Américains mais rien d’extraordinaire car jusqu’au 1000m, nous avions fait jeu égal avant que sous notre pression, ils relâchent les choses. Le mot d’ordre était clair lors de cette finale : This is the Canadian Eight and this is our House! (“C’est le Huit canadien et on est chez nous »). Aucune pitié à attendre et c’est survoltés que nous avons attaqué le parcours dans un fort vent contre. 250m de parcours et nous avions déjà pris une demie longueur sur les US. Lorsque Jacob, notre barreur, annonça la longueur pleine sur notre principal rival, nous en avons repris une demie. Surpris, les Etats-Unis ont alors eu du mal à rentrer dans la course et la bataille à fait rage derrière pour la 2ème place. Notre effort collectif sur la 1ère partie de parcours s’est vu récompensé. En contrôle devant, nous franchissons la ligne 3 secondes devant l’Argentine qui coiffe les Américains sur le poteau. Quel bonheur de remporter le huit masculin dans le temple de l’aviron canadien qu’est le bassin de Sainte Catharines, devant les familles, les amis, les fans,... . Cette course était pour eux. Une équipe, un pays, une fierté. Le huit gagne au Canada. La fête avec le public fut forte en émotion et l’hymne national a été chanté fièrement. Cela a démontré l’importance du soutien que peut apporter un public à ses équipes. 8 Or, 2 Argent et 3 Bronze. Tel est le bilan pour l’aviron canadien, ce qui en fait le meilleur résultat jamais réalisé à des Jeux Panaméricains.

 

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Toutefois, le but principal reste la qualification olympique fin Août au championnat du monde à Aiguebelette en France. Nous sommes de retour quelques jours à Victoria histoire de vider le sac, faire les lessives et remettre le tout dans le sac pour repartir à Guelph en Ontario afin d’y faire notre stage terminal avant de nous envoler pour la France. 8 quotas olympiques en quatre de couple masculin. Toute notre énergie est tournée vers cela désormais. 44 jours.. Tic Tac.

 

« L’aventure continue »

 

 

Crédit Photo : Katie Steenman Images & Row2k