Un début d'année difficile...

De retour de Sacramento (Californie) où nous étions en stage d’entraînement pour 2 semaines. Un objectif lors de ce stage : ramer. Cela peut sembler évident pour un rameur de ramer néanmoins je dois avouer que sur ce coup il y avait beaucoup d’aviron au programme. Pas moins de 540km avalés en 15 jours.

C’est ce que je faisais en France sur un gros mois. Nous ramions 2 à 3 fois par jour en skiff mais aussi en équipage afin de tester des compositions différentes tous les jours en double, deux sans barreur, quatre de couple et quatre de pointe. J’ai ainsi été essayé en couple bien sûr (2 rames/rameur) mais aussi en pointe (1 rame/rameur). Ce fut un stage très éprouvant physiquement et mentalement. Mais nous avions des conditions météo exceptionnelles sur le lac Natoma pour nous remonter le moral. Bassin calme et températures dignes d’un beau printemps. J’ai presque réussi à survivre à ce stage. A quelques entraînements de la fin, mon dos s’est rappelé à mon bon souvenir. En l’espace de 2 jours, je ne pouvait presque plus marcher et se mouvoir devenait un challenge où la douleur devenait insupportable. Le souci était de pouvoir rentrer par avion à Victoria sachant que je ne pouvais à peine tolérer 5min assis en voiture. Les anti inflammatoires et une anesthésie locale au dos m’ont permis de faire le retour sur l’île mais pas sans inquiétude de la part du staff médical.


En l’espace de 3 jours, j’ai pu avoir un rendez-vous IRM sur Vancouver afin d’en savoir plus. L’imagerie a révélé une hernie discale au niveau L4-L5 ainsi qu’une protusion du disque en L5-S1. Double combo ! Finalement, je n’ai fait que réactiver mes vieux démons de 2008-2009, où déjà le même diagnostic était tombé. Je suis donc à l’arrêt et hors du bateau pour quelques semaines au moins. Je suis entouré d’une équipe médicale performante qui prend bien soin de la situation et maintenant il faut voir comment je réponds au traitement classique avant d’envisager plus agressif comme méthode.


En tant que sportif de haut niveau, cela n’est jamais facile d’accepter le fait d’être arrêté et sorti de sa routine d’entraînement. C’est encore plus frustrant lorsqu’un jour plus tôt vous étiez capable de vous pousser et de vous dépasser toujours plus loin et le lendemain, vous pouvez à peine marcher et c’est tout juste si vous pouvez vous habiller tout seul. Cela vous ramène vite à la réalité et vous rappelle que rien n’est jamais acquis. Comme me l’a très bien dit Olaf Tufte il y a quelques jours : « concentre toi sur ce que tu peux faire et non pas sur ce que tu ne peux pas faire ».
Aujourd’hui, j’ai réussi à mettre mes chaussettes tout seul. C’est un petit pas mais un pas de plus vers le retour en bateau.

 

« L’aventure continue… »